Bilan 2025 et perspectives 2026 : entretien avec Patrick Tuphé

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« En 2025, les SPOTT ont démontré toute leur pertinence : ils favorisent la mobilisation des partenaires, sécurisent les engagements dans les parcours de formation et donnent une vision claire de l’action de la branche et du FPETT sur le terrain. En 2026, nous souhaitons aller encore plus loin »

 

Patrick Tuphé, Président du FPETT

 

Quel regard portez-vous sur l’évolution de l’action du FPETT en 2025 et sur les enjeux à venir pour 2026 ?

 

L’année 2025 a été marquée par un contexte particulièrement instable, sur le plan économique et budgétaire. Les moyens mobilisés par l’État et les dispositifs nationaux tels que le FNE ou la POEC, ont fortement diminué. Cette baisse nous a obligés à adapter en profondeur notre manière d’agir.

 

Malgré cela, le FPETT a réussi à maintenir l’essentiel : le volume de formation et le nombre de contrats signés en CIPI et CDPI sont restés globalement équivalents à ceux des années précédentes. Cette performance repose sur la capacité des entreprises à mobiliser différemment les dispositifs existants, notamment la POEI en lien avec France Travail, ainsi que sur une augmentation ciblée des niveaux de prises en charge horaires pour des publics que nous estimons prioritaires, les jeunes et les séniors en particulier.

 

Dans un environnement contraint, notre priorité a été de continuer à soutenir les enseignes afin qu’elles puissent maintenir la construction de parcours de formation pour les salariés intérimaires, notamment via les dispositifs CIPI et CDPI, malgré la baisse d’activité du secteur.

 

La baisse des financements publics a été significative. Comment le FPETT a-t-il fait face à cette situation ?

 

Nous avons fait le choix d’augmenter nos niveaux de prises en charge sur les dispositifs de branche que nous maîtrisons, tout en élargissant les publics ciblés. Par ailleurs nous avons également développé une intervention en complémentarité avec les acteurs territoriaux.  Cette approche en proximité nous a permis de préserver notre capacité à former des salariés intérimaires, malgré un cadre financier plus contraint. Cela a aussi permis de proposer des actions concertées avec les partenaires, établies sur des éléments de diagnostic territorial partagés, c’est le cas des SPOTT notamment.

 

Vous évoquez souvent les SPOTT comme un levier clé. Pourquoi sont-ils si structurants pour le FPETT ?

 

Ce sont des démarches extrêmement efficaces. Elles consistent à rassembler plusieurs agences d’emploi autour de projets collectifs sur un même territoire.

 

En 2025, les SPOTT ont démontré toute leur pertinence : ils favorisent la mobilisation des partenaires, sécurisent les engagements dans les parcours de formation et donnent une vision claire de l’action de la branche et du FPETT sur le terrain. En 2026, nous souhaitons aller encore plus loin en accompagnant davantage d’enseignes. Notre conseil d’administration a confirmé son soutien à ces actions en mobilisant des moyens complémentaires.

 

La chute des contrats de professionnalisation a également marqué l’année 2025. Comment l’expliquez-vous ?

 

Effectivement, nous avons constaté une forte baisse des contrats de professionnalisation. Cela s’explique principalement par la réticence des entreprises utilisatrices à s’engager sur des contrats longs, dans un contexte économique incertain.

 

C’est un point de vigilance pour 2026. Nous souhaitons relancer ce dispositif, notamment en travaillant davantage sur des logiques de cofinancement, afin de le rendre plus attractif et plus sécurisé pour les entreprises. Depuis le début de l’année, le FPETT se mobilise pour apporter son soutien financier au développement de ces contrats.

 

Un mot sur les actions de reconversion menées par le FPETT ?

 

Le pôle reconversion est l’une de nos grandes satisfactions en 2025. Nous avons concentré nos efforts sur les salariés intérimaires victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Les résultats sont à la hauteur de nos attentes, et nous sommes aujourd’hui les seuls à proposer ce type d’accompagnement structuré jusqu’au retour à l’emploi au sein d’une branche.

C’est une action très exigeante, mais essentielle, qui illustre pleinement le rôle du FPETT dans le parcours global des salariés intérimaires.

 

Quelles sont les grandes orientations stratégiques pour 2026 ?

 

Plusieurs axes structurent notre feuille de route pour 2026 :

 

  • Maintenir notre action en faveur des salariés en reconversion professionnelle. Les administrateurs du FPETT et de la CPNE ont confirmé les orientations et les moyens associés pour 2026.
  • Renforcer notre intervention au plus près des acteurs territoriaux. Nous doublons l’équipe du développement pour assurer une animation dans chaque région, en partenariat avec AKTO.
  • Développer les partenariats pour soutenir des actions d’accompagnement et de formation articulées aux emplois porteurs et aux compétences attendues.
  • Poursuivre notre démarche d’innovation qui nous a conduit en 2025 à développer des actions originales (Odyssée, Frégate, Certif TT etc.). En 2026 nous allons publier les éléments de capitalisation pour partager les enseignements issus des premières expérimentations.

 

Avec moins de moyens et des besoins toujours plus importants, comment continuer à faire aussi bien, voire mieux ?

 

C’est tout l’enjeu. La baisse de la collecte liée à la baisse d’activité de la branche aura un impact direct sur nos ressources en 2026. Toutefois, le Conseil d’administration a décidé de mobiliser des fonds propres, ce qui nous permet de maintenir un budget global proche de celui de l’année précédente pour le financement de nos dispositifs spécifiques.

 

Notre stratégie repose sur trois leviers : la relance de l’activité du travail temporaire, la recherche de partenariats et de cofinancements, et une capacité à nous déployer plus largement sur les territoires. L’objectif est clair : ne pas contraindre notre capacité à former, et être prêts à accompagner une reprise du marché.

 

 

Un dernier mot ?

 

Le FPETT peut s’appuyer sur une équipe solide, réactive et engagée au service de l’emploi et de la formation dans la branche.

 

Je reste optimiste pour 2026. La reprise de l’activité est attendue, et le FPETT sera au rendez-vous pour accompagner les enseignes et les salariés intérimaires dans cette phase de relance.

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