Charte Zéro Salarié en Situation d’Illettrisme – Pays de la Loire : le FPETT engagé pour l’accès aux compétences de base
Deux ans après la signature de la Charte zéro salarié en situation d’illettrisme en Pays de la Loire, le FPETT dresse un bilan d’actions concrètes menées en étroite collaboration avec l’ANLCI, Prism’Emploi et AKTO. Un combat de longue haleine, fait de petits pas décisifs.
Le 1er avril dernier, l’ANLCI réunissait les signataires de la Charte zéro salarié en situation d’illettrisme pour un bilan de deux années d’engagement en Pays de la Loire au sein de la Préfecture de Région.
Pour le FPETT, ce rendez-vous a été l’occasion de mesurer le chemin parcouru, et la route encore à parcourir. Car lutter contre l’illettrisme dans la branche du travail temporaire, c’est avant tout un acte de persévérance : lever les freins un à un, à chaque étape du parcours des salariés intérimaires.
Ce copil a également permis d’échanger avec les autres représentants des branches professionnelles engagées dans la Charte.
Une mission ancrée dans la réalité du terrain
La mission prioritaire du FPETT, la sécurisation des parcours des salariés intérimaires, l’a naturellement placé au cœur de cet enjeu.
Les intérimaires présentent souvent un faible niveau de qualification et, par nature, changent régulièrement d’entreprise. Chaque nouvelle mission implique de s’adapter à des consignes, fréquemment transmises à l’écrit : fiches de poste, règles de sécurité, contrats… Autant de situations où la maîtrise des compétences de base n’est pas un détail, mais une condition de sécurité et d’autonomie.
BOUSSOLE : une offre opérationnelle construite avec les agences
Grâce à une convention de partenariat conclue avec l’ANLCI et au travail mené en concertation sur le territoire, le FPETT a conçu une réponse structurée : l’offre BOUSSOLE. Pensée spécifiquement pour les agences d’emploi, elle propose une approche complète et flexible articulée autour de quatre points cardinaux :
Accompagner : Soutenir les collaborateurs des agences dans la compréhension et la prise en charge du sujet au quotidien.
Orienter : Guider les salariés ou candidats identifiés vers les solutions et formations adaptés à leur situation.
Sécuriser : Construire des parcours sur mesure de montée en compétences, depuis le bilan de positionnement jusqu’à la formation.
Essaimer : Diffuser les bonnes pratiques au sein des réseaux d’agences élargir l’impact des actions menées.
Cette approche repose sur un constat partagé avec les agences : le sujet de l’illettrisme ne se décrète pas, il se détecte.
C’est pourquoi le FPETT privilégie les entretiens exploratoires avec les agences et le travail avec certains réseaux pour aider leurs collaborateurs à mieux cerner, appréhender et nommer la situation auprès des salariés comme des entreprises clientes.
Une mobilisation collective avec Prism’Emploi et AKTO
Cette dynamique ne serait pas possible sans la mobilisation coordonnée de l’ensemble des acteurs de la branche. Prism’Emploi, organisation professionnelle représentative, et AKTO, opérateur de compétences de la branche, portent aux côtés du FPETT l’ambition d’inscrire les compétences de base comme un enjeu structurel et non conjoncturel.
Ensemble, ils construisent un maillage territorial opérationnel : repérer les personnes concernées, établir un bilan pour identifier leur niveau, puis les engager dans un parcours de formation adapté.
La persévérance comme méthode
Le bilan de deux ans, avec plus de 1 800 personnes sensibilisées, témoigne que la dynamique est lancée. Mais le FPETT en est convaincu : la lutte contre l’illettrisme n’est pas un sprint, c’est un engagement dans la durée. Lever les freins à l’entrée dans l’emploi, dans la formation, dans la relation contractuelle, dans le respect des consignes de sécurité… chaque obstacle surmonté est une victoire concrète pour la personne, et un gain réel pour la branche tout entière.
La mobilisation des entreprises : enjeu clé de la Charte
C’est le plus souvent en entreprise que se révèlent les situations d’illettrisme, lors de la prise de poste, face à une consigne écrite mal comprise, devant un document de sécurité à signer. L’encadrant de proximité est en première ligne, mais rarement formé pour détecter ces difficultés sans stigmatiser, ni pour orienter la personne avec bienveillance vers un accompagnement adapté.
Mobiliser les entreprises, c’est donc élargir le périmètre de la vigilance collective. Cela suppose de les sensibiliser à la réalité de l’illettrisme, qui touche des personnes de tous âges, scolarisées en France, et de leur donner des repères concrets : comment réagir ? À qui en parler ? Quels dispositifs existent ?
En faisant de l’entreprise un espace de détection bienveillante, c’est un frein de plus qui tombe dans le parcours de la personne concernée. Car lever les obstacles à l’intégration professionnelle, c’est aussi permettre à chacun de travailler en sécurité, de progresser et de s’inscrire durablement dans l’emploi.
Et demain ? Vers une coopérative des solutions
Fort des échanges et des constats, une question s’impose désormais : comment faire en sorte que les dispositifs existants, souvent pertinents pris séparément, produisent ensemble davantage ?
C’est dans cet esprit qu’émerge une piste de réflexion portée par plusieurs signataires de la Charte : la création d’une coopérative des solutions. Non pas une nouvelle structure administrative, mais un espace de convergence entre les acteurs de la Charte pour mettre en commun les expériences, cartographier les dispositifs disponibles sur le territoire et construire des parcours véritablement fluides pour les personnes concernées.
La Charte zéro salarié en situation d’illettrisme a prouvé qu’un engagement partagé pouvait faire bouger les lignes. La coopérative des solutions serait l’étape suivante : transformer la mobilisation en mouvement durable, et faire des Pays de la Loire un territoire de référence dans la lutte contre l’illettrisme au travail.
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